Lundi 31 octobre 2005
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L'islam signifie soumission rien de plus, rien de moins.
Etre musulman, c'est se soumettre. A qui? "Au créateur" nous disent les imams. Quel créateur? Osons poser la question en sortant de l'idée selon laquelle questionner le concept de créateur serait fragiliser sa propre appartenance à la religion juive, chrétienne ou hindoue.
Une observation simple du monde phénoménal nous informe que tous les phénomènes sont conditionnés et produits par des causes sans commencement ni fin. (Rien ne se crée, rien ne se perd....)
Dès lors que tous les phénomènes sont composés, ils ne peuvent également être qu'impermanents par nature. En effet, il n'est bien rien dans ce monde phénoménal qui ne se décompose un jour ou l'autre. Donc les phénomènes se composent et se décomposent inlassablement.
Dès lors, il n'en est pas un seul qui soit auto-produit et permanent. Et pourtant, la tentation est grande d'imaginer un "quelque chose" qui nous "dépasserait".
Quelle serait la place en ce monde d'un quelque chose d'incomposé, existant par lui-même et de toute éternité? Quelle serait sa forme? Un bloc? Comme le fameux mégalithe de "2001 l'Odyssée de l'espace"?Pourrait-il se transformer? Se reproduire et donner naissance à de radicalement autres que lui, faits d'os, de souffle et de sang? Pourrait-il simplement créer? Quelles seraient ses limites dans son infinitude essentielle? Comment pourrait-il avoir même des limites puisqu'incomposé, sans la moindre molécule dont la séquence s'interromperait? Comment dès-lors pourrait-il même exister un extérieur à lui? Ne serions-nous pas tous enfermés dans ce bloc? Et comment d'ailleurs en serions-nous distincts, nous: composés? Quelle serait son histoire dans son intemporalité totale? Quel serait son poids dans son absolu découplage de toute gravité? Sur quoi reposerait-il? Serait-il assez lourd pour peser sur tout l'univers ou sans poids aucun dans un système gravitationnel? Quelle serait sa couleur pour un sans nuance? Serait-il d'ombre ou clair? Et de parfum, quelle odeur aurait-il? Aurait-il un genre? Aurait-il une âme?
Il n'est donc de "chose" qui nous dépasse en ce monde... Et dire qu'il y en aurait d'autres (de mondes), reviendrait à dupliquer la logique des phénomènes composés à l'infini .
Dire que les phénomènes ne sont pas auto-produits, revient ainsi à affirmer qu'ils ne sont pas plus le produit d'eux mêmes que le produit d'une cause absolument allogène, c'est-à-dire absolument étrangère par nature à leur propre manifestation phénoménale.
La chaîne des causes à effet est ainsi sans fin ni début: point de cause première aux phénomènes sans elle-même une causalité, donc pas de cause première aux phénomènes...
En conséquence, s'il n'est point de cause première autoproduite, une chose ne peut lui être seconde. Du point de vue phénoménal, nous ne pouvons donc être les créatures que d'une créature, la transformation du transformable.
Dit autrement, une chose causée ne peut pas succéder au sans cause, puisque la seconde ne peut apparaître qu'en dépendance de la première de même nature, par transformation.
De la même façon, si l'un des termes relatifs fait défaut, les deux sont niés dans leur relation. On ne peut pas être mère sans enfant, ni enfant sans mère. Il ne peut pas davantage exister de cause (créateur) et d'effet (créature) sans lien entre eux.
Donc, si le monde n'existe pas par lui-même, il ne peut pas plus exister d'une cause qui lui est strictement allogène, car cette dernière ne peut le produire faute de lien de cause à effet ni exister sans lien avec sa cause, faute de pouvoir devenir un effet.
Or, l'Islam orthodoxe nous affirme que Allah est un créateur absolument allogène. Totalement distinct. Intégralement autre et donc, sans cause à effet possible. Nous serions ainsi le produit de l'in-produit, le créé du sans-lien, le composé d'un incomposé, le destructible d'un indestructible, le fini non pas "dans" mais "de" l'infini. Cela ne se peut...
L'islam nous fait en quelque sorte régresser aux temps où l'on croyait à la génération spontanée. Où les mouches étaient considérées comme naissant spontanément de la viande avariée et les hommes de quoi d'Allah.
Et personne n'y trouve rien à redire...
On comprend pourquoi l'islam se protège de toute interprétation théologique pure, de tout questionnement sur la nature divine d'Allah. Le résultat serait par trop dévastateur.
Les oulémas, qui sont essentiellement des légistes, n'acceptent finalement que des interprétations juridiques aux faits et gestes des fondateurs progressifs de l'islam, eux-mêmes chefs de guérillas. Ce n'est donc pas pour rien que l'islam n'est dès l'origine qu'un vecteur politico-juridique et le restera.
En l'absence de relation de soumission à un créateur impossible, il ne demeure en effet que la soumission des musulmans aux héritiers des fondateurs et des non musulmans aux musulmans.
Telle est finalement la triste siginification du mot "islam": la soumission de l'homme par l'homme.
Dans un prochain article, nous tenterons de décrire les différences majeures qui existent avec le Dieu ineffable du judaïsme dont l'islam prétend, avec l'impudeur et la violence qui le caractérise, qu'il est le seul, authentique et définitif mais bien aveugle témoin.
Ninshiki